Accueil » DOSSIER MEDIAS » La « méthode libyenne »

La « méthode libyenne »

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

23/09/2011

états-unis

Dans une interview au magazine Foreign Affairs [1], Ben Rhodes, vice-chef du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis [2], a déclaré que la « méthode » utilisée par l’administration d’Obama en Libye est « plus efficace » que le grand déploiement de troupes appliqué par Bush en Irak et en Afghanistan.

Pour lui, la forme d’intervention de l’OTAN en Libye – avec quelques variantes – pourrait constituer un nouveau modèle applicable à d’autres pays. On se trouve donc en présence d’une menace de répétition du même type d’intervention contre d’autres pays. Que ceux-ci représentent, par leurs ressources, un intérêt stratégique pour Washington et ses alliés ou qu’ils revendiquent une autonomie politique inacceptable – comme certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Selon Rhodes, dès le début de l’intervention, Obama a mis l’accent sur le fait qu’il était beaucoup « plus légitime et efficace » pour le « changement de régime » que celui-ci soit recherché par un mouvement « autochtone » – et non par les États-Unis. Rhodes avoue ainsi que la zone d’exclusion aérienne pour « protéger la population »  – réclamée avec par Obama, Sarkozy et Cameron afin d’obtenir l’approbation de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU – n’était qu’un grossier mensonge et que leur véritable objectif était le changement de régime.

Une fois la résolution arrachée, l’OTAN a pu mettre en œuvre des bombardements non autorisés et détruire une grande partie des infrastructures de la Libye massacrant au passage de nombreux civils. Il s’agissait de raser les lieux par lesquels devaient passer les « rebelles » de Benghazi.

Parallèlement, l’OTAN est passé outre une interdiction expresse de la résolution, en entraînant et armant les « rebelles » et en entrant en guerre avec des moyens militaires terrestres des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, des monarchies jordaniennes et du Conseil de coopération du Golfe. [3]

En résumé, la prétendue intention de protéger la population libyenne s’est convertie en une intervention militaire étrangère d’une ampleur considérable contre cette même population.

Barack Obama a, lui-même, exprimé tout le bien qu’il pensait de la « méthode libyenne » décrite par Ben Rhodes – à savoir le scénario d’une « rébellion réprimée par un dictateur » suivie d’une intervention militaire occidentale destinée à « protéger la population ». En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, il a déclaré contre toute évidence : « Ce sont les Libyens qui ont libéré la Libye » et ajouté : « En même temps, la Libye représente une leçon sur ce que la communauté internationale peut réussir lorsque nous sommes solidaires ».

Ces propos doivent alerter tous ceux qui refusent que les Etats-Unis et leurs alliés – dont la France – continuent et amplifient leurs guerres prédatrices.

JPD

Source : http://fr.cubadebate.cu/opinions/2011/09/18/la-methode-li…

[1] Foreign Affairs est un bimestriel publié à New York depuis 1922 et diffusé à environ 100 000 exemplaires en 2004. (Wikipedia)

[2] Le Conseil de sécurité nationale (National Security Council ou NSC) est une organisation administrative dépendant directement du président des États-Unis.

[3] Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe ou Conseil de coopération du Golfe (CCG) est une organisation régionale regroupant six pétromonarchies du golfe Persique : Arabie saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Qatar. Les royaumes du Maroc et de Jordanie sont en cours d’adhésion. (Wikipedia)